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Chroniques post mortem 29 septembre, 2009

Classé dans : Non classé — azaelhylia @ 18:34

Je suis mort !
Je ne vois rien, je n’entends rien, je ne sens rien, j’aurais pourtant cru que c’était un peu plus fun que ça la mort. Comme palliatif à l’ennui, il y a tout de même mieux. Moi qui en me suicidant pensait que ma vie, ou plutôt ma mort, serait une libération pour moi… Quelle déception !
Même l’acte en lui-même est décevant, on est chargé d’adrénaline pendant quelques minutes en se disant ça y est, c’est le grand saut ! Au final, on fait les choses trop vite, trop précipitamment. On est tellement galvanisé par la situation, on se dit qu’enfin on va devenir quelque chose ou quelqu’un, qu’on sera utile dans l’au delà mais en fait… Ces histoires de réincarnations en boucle, d’enfer, de paradis, d’anges bien gaulées, de dieu barbus, c’est digne de contes pour enfants. Rien ne vaut la vie la vrai, celle où l’on peut agir.
Dire que j’ai même pas eu le temps de dire au revoir à papa et maman et à ma chienne Betty. J’ai pas pu non plus assister à mon enterrement, j’aurais pu enfin savoir qui tenait vraiment à moi.
Si c’était à refaire, j’irais dire à tout ceux qui ont envie de passer à l’acte qu’on leur a menti et que la publicité que les sociétés « Catholiscisme », « Islam » ou encore « Bouddhisme » est mensongère et sans scrupule. Quand je pense à tous ces hommes morts à cause des guerres de religion et qui sont en train d’errer dans le néant comme moi, ça fait peur. Si encore, on pouvait se parler ou interagir d’une quelconque manière, ce serait peut être plus distrayant. Mais là rien ! Nada ! Je suis même étonné de pouvoir encore penser si tant est qu’on puisse parler ainsi puisque je n’ai plus de cerveau; poussière, j’étais poussière et je reviendrais à la poussière, ils ne m’ont au moins pas menti sur ce point. Oui, j’ai encore ma conscience, mais pour errer dans le néant… Quel intérêt? Si j’avais pu encore traverser les murs pour observer les filles nues ou encore projeter des objets grâce à mes pouvoirs ectoplasmiques… Mais non, la mort, c’est vraiment plus ce que c’était, la lumière au bout du tunnel, les chants et les cantiques… Et pourquoi pas la cabane au fond du jardin tant qu’on y est?
Depuis quand suis je mort d’ailleurs? J’ai l’impression que ça fait une éternité que je suis ici mais peut être suis-je simplement là depuis une heure. L’attente, c’est tellement long surtout quand on a rien à faire.
Peut-être veux-il que je devienne fou? Peut-être que la folie est le seul remède que je puisse espérer à mon attente? Condamner à penser à ma vie dans ma mort?
Dans cette attente, imperceptiblement, il me semble apercevoir des lumières danser, est-ce un effet de mon esprit? Est-ce le signe que je commence à devenir fou?

Les lumières ne semblent pas bouger, leur brillance est constante et semblent provenir de points très loin.
C’est un peu comme ces étoiles que j’observais cette nuit là. Je m’en rappelle, c’était il y a longtemps, un des souvenirs le plus lointain dont je puisse me remémorer. Je m’appelle Mirny, je suis norvégien et j’avais six ans à l’époque. Nous regardions le feu d’artifice qui illuminait les toits de la ville, occultant les étoiles et, dans une moindre mesure, la pleine lune.
Fasciné par les explosions, entourés par mes parents, je pensais que la vie ne se limitait qu’à l’amusement et qu’on était là pour moi et juste pour moi. Rien n’existait avant moi, et sans doute, rien n’existerait non plus après. Le mieux, c’est que j’avais le droit de quasiment tout faire, mon jeune âge excusant rapidement mes plus grosses bêtises. En fait, la chose qui me rendait le plus malheureux, c’est quand on ne prenait pas garde à moi alors que j’étais bien là. La jeunesse s’accompagne bien souvent de l’égoïsme le plus intense, surtout lorsque, comme moi, on a été fils unique, aussi appelé injustement par les autres fils à papa ou plus simplement chanceux.
Pour qu’on me remarque, j’avais pris l’habitude de faire des bêtises et d’essayer de faire rire les gens qui m’entouraient, bien souvent cela marchait, j’ai donc conservé cette habitude qui me donnait un semblant d’acceptation en grandissant.
Néanmoins, plus je grandissais et plus je m’éloignais du petit garçon joyeux que j’étais jusque alors. Plus que les responsabilités, c’est surtout la sensation d’avoir déjà tout vécu qui restera une des raisons principales de cet écart. En effet, le temps passant, j’avais vraiment l’impression de tout connaître, aucune saveur, aucune surprise n’emplissait plus mon univers. Je devenais de plus en plus taciturne, mes émotions, je les gardais pour moi car j’avais eu l’occasion de tester les « retours de flammes » de mes « amis » quand je me laissais aller. L’hypocrisie est en effet, une des valeurs les plus courantes du monde et je pense qu’elle l’a toujours été, je ne serais ni le premier ni le dernier à en être victime.
Pourtant, malgré cette grisâtre extérieure, intérieurement, je bouillonnais, je tombais régulièrement amoureux sans rien n’en dire à personne, échaudé par mes précédentes tentatives, j’étais complètement paralysé lorsqu’il s’agissait de parler de moi-même à quelqu’un d’autre. Ceci renforçait le sentiment de complet désintérêt que je suscitais de moi-même auprès de mon entourage, tout du moins, je le croyais sincèrement.
Le temps passant, même les sentiments finirent par s’éroder, devenant de moins en moins forts comme si je ressentais de moins en moins ce qui m’entourait. Je finissais par revivre la même journée encore et encore, depuis une éternité…
C’est à partir de ce moment que l’idée de mettre fin à mes jours naquit en moi.

 

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